Rétrospective Duvillier, De la Mer au Regard, 1954-1967, Eurogalerie, Montreux 1967

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La Mer

 
En 1954, je découvrais l'océan en Bretagne. La mer était pour moi une épopée, elle me donnait le geste, mouvement sans cesse en devenir.  
René Duvillier, la grande extase des chevaux de mer en morte eau (1954-1955) 
René Duvillier, la grande extase des chevaux de mer en morte eau (1954-1955) 90/190 (coll. André Schoeller, Paris) Exposée à la galerie A l'Etoile scellée, Paris, 1955 
 

Les Noirs

 
En 1957, des toiles entièrement noires, mais transparentes. Le blanc était la seule lumière dans l'obscur. Le noir était le monde qui m'entourait, le blanc était la lucidité à obtenir. 
René Duvillier, Noir N°4 (1957) 
René Duvillier, Noir N°4 (1957) 90/180. Exposée à la galerie Smith, Bruxelles, 1959. Donner à voir II, Galerie Creuze, Paris, 1962. Galerie André Schoeller, Paris, 1967 
 

Les Violets

 
En 1958 et 1959, des toiles violettes monochromes. La couleur violette était choisie volontairement comme totale: le froid et le chaud la composant. Le Regard est déjà là. 
René Duvillier,Violet N°14 (1959) 60/120 
René Duvillier,violet N°14 (1959) 60/120 
 

Les Tourbillons

 
Le monde tourbillonnaire apparaît en 1959. le tourbillon est seul, généralement centré, donnant parfois l'impression de vertige. Dans la toile exposée nous avons un tourbillon qui annonce le vent. 
 

Le Vent

 
Cette mer de vent est sillonnée en tous sens de grandes formes creusantes, les traverses labourent en force la toile.  
La traverse N°18 (1961) 114/162 
René Duvillier, La traverse N°18 (1961) 114/162 
 

Les Orages

 
Un été très chaud à Aix-en-Provence en 1961. Des foudres comme des glaives pénètrent profondément l'espace en l'éventrant.  
 

Les Javelots et la Mer

 
Je tirais à l'arc, je lançais les flèches, les javelots contre la mer qui m'assaillait. La mer était tellement percée de javelots qu'elle en paraissait composée. Il semble que là, pour la première fois, la peur était surmontée. 
 

Les Diables de Mer

 
Des formes de pinces de crabes hantent ces toiles. Ces combats acharnés, où toutes les forces s'enchevêtrent pour se battre, se dévorer. Ces batailles déchaînées étaient aussi des combats d'amour. Ce fut une libération.  
René Duvillier, bataille de diables de mer (1963) 
René Duvillier, Bataille de diables de mer (1963) 114/146. Exposée à la galerie Argos, Nantes, France, 1965 
 

Les Luminaires

 
Les toiles sont rayonnantes, éclatant de tous leurs traits, accompagnées parfois de flèches et de diables. La profondeur et le relief, les échecs et les succès, comme les diables et les flèches, s'entremêlaient pour la conquête incessante de l'espace. 
René Duvillier, le soleil noir aux rayons verts (1963) 
René Duvillier, le soleil noir aux rayons verts (5/1963) 130/195. Exposée à la Byron Gallery, New-York, 1964 
 

Cycle aérien

 
Mon premier voyage aérien eut lieu en 1964 à bord d'un jet Paris-New York. Le choc fut très violent, aussi intense que pour la mer en 1954. L'homme se déplaçant dans l'espace, à des vitesses et dans des plans différents, bouleversa tout mon travail. De l'épique de la mer, je passai au lyrique de l'air.  
René Duvillier, Cycle Aérien N°56 
René Duvillier, Cycle Aérien N°56 (1966) 89/116. Exposée à la galerie André Schoeller, Paris, 1966 
 

Le Regard

 
Fin novembre 1966, le regard dans toute sa puissance fait son apparition véritable à la suite d'un grand choc ressenti par le regard humain. L'œil me donne la dimension du tragique.  
René Duvillier, le regard en fusion (1967) 
René Duvillier, le regard en fusion (1967) 89/116 

responsable éditorial : Christian Hardi
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